Partager l'article ! MORT D'UN CLONE...L' avis de "gilbord"...: Chapitre Premier Depuis quelques sièc ...
Chapitre Premier
Depuis quelques siècles, ce n' était pas l' exécrable sonnerie du vieux réveil qui jetait le dénomé Martial Bonneteau hors du sommeil.
Le réveil: monstrueuse anomalie plastifiée vampirisant sans vergogne le faux stuc de la très navrante table de chevet.
Le réveil et la table de chevet: cadeaux de mariage.
Cadeaux de mariage: forme répandue de terrorisme familial.
Un tourbillon de pensées maintenait Martial Bonneteau dans l'éveil toute une partie de la nuit, invisibles, redoutales harpies qui, après avoie planté leurs griffes dans le lard du bonhomme, s' y entendaient à merveille pour l' empêcher de replonger dans l' état qu' il chérissait entre tous: le sommeil.
Le sommeil: bienheureux, sublime oubli de soi-même ou béatitude par contrainte physiologique.
Elles surgissaient de partout nulle part, émergeant, poissons morts, à la surface d' un cerveau pollué par cinq décennies de rouille et d' hémiplégie mentales.
Il pivotait alors sur la gauche, côté coeur, et son tam-tam cardiaque virait au tintamare. Sur la droite, côté de Madame, et la respiration sifflante d' icelle se changeait en ouragan tropical. Sur le dos, côté matelas, et les crampes cannibales lui mangeaient les doigts de pieds.
Veillant à na pas faire d' inextricables noeuds avec les draps.
Se lançant, à son corp défendant, dans d' épouvantables complications géométriques avec ses membres inférieurs et les rayures de son pyjama de bagnard.
Pyjama bagnard: cadeau involontairement empoisonné des vrejetons Bonneteau.
Evitant surtout, surtout, de réveiller Madame.
Faux mouvements, fausses respirations, faux bruits interdits.
Madame son épouse dormait à ses côtés depuis maintenant vingt-quatre ans.
Vingt-quatre longues années de trois cent soixante-cinq nuits, soit mille sept cent soixante nuits à supporter son ronflement d' autand plus agaçant que léger, susurré, ironique....

Ce roman de Pierre Bordage, sort des sentiers-battus des autres romans écris par notre conteur, et j'avoue qu'il m'a agréablement "surpris" et "envoûté"...!!!
Je l'ai lu et apprécié, en deux jours, car une fois plongé dans le récit...impossible d'en sortir...il faut à tout prix arriver au mot "FIN"...pour connaître l'avenir que se fabrique Martial, en "claquant" la porte à cette vie de "clone" qui l'avait jusqu'à présent "satisfait"...
C'est avec une écriture limpide que Pierre Bordage nous convit à suivre ce passage de la vie d'un clone, qui en prenant son avenir en main va, enfin, devenir un être humain, un homme à part entière...
L' auteur manie notre langue avec "bonheur" et "flirte" avec une écriture proche d' Audiard, Frédéric Dard, et même Molière, mélange d'écritures qui rende le récit "accrocheur" et prenant...
Les "définitions", dont il émaille également le roman donne un "style" au récit et son remplies d'humour et de "vérités"...
Clone époux: devenir époux par stricte obligation, un ovule de Madame et un spermatozoïde étourdi de Monsieur s' étant mutuellement accrochés au cours de leur première tentative d' union charnelle soldée par une éjaculation précoce et un débute de grossesse.
Le couloir: espace de dégagement qu' on a cru bon d' affubler de tous les restes de papiers peints des autres pièces.
Quai du RER: longue plate-forme grise où des grappes humaines éparpillée attendent d' être avalées par un grand "boa" bleu blanc rouge.
Coquelets: jeunes cadres rudement dynamiques, parés de costumes prince-de-galles impéccablement coupé, porteurs de reliques noire et rectangulaires, communément appelées attaché-cases.
Poste ou PTT:autre religion largement répandue, dont
les rites les plus prisés sont l' attente au guichet, l' engueulade avec le(la) préposé(e), la fermeture brutale alors qu'on n' a pas obtenu ce qu' on était venu chercher, colis ou lettre
recommandée par exemple. On se doit donc de revenir le lendemain et de subire une nouvelle fois les deux "premiers rites"...
Et il y a beaucoup d'autres "définitions" aussi "humoristiques" et cependant totalement "vrais" dans le roman..."définitions caustiques" qui égratignent, (religion-fonction
publique-transport urbain), un grand nombre de ces "trucs" , "situations", (officiels-protégés-religionnaires), que les personnes lambda sont obligées
de..."subir"...
Page 58, j'ai la surprise de découvrir un "clone" qui est mon "homonyme"...mais rassurez-vous, il ne s' agit pas de moi...!!!
Et voici qu' à partir de 16 ème chapitre,"le surnaturel", "l'étrange", le " qu' arrive t-il au héros...???",
Pierre Bordage nous "propulse" dans les derniers chapitres, avec Martial, dans "l' irrationnel", au coeur d' une forêt "bourguignonne", en compagnie d' êtres féeriques, magiques, qui en filigrane, agrémentent la fin de l' histoire, la "naissance" d'un nouveau Martial, d' ésotérisme, une très bonne forme de terminer le roman en "beauté"...avec "grâce"...
Voici donc mon avis sur MORT D'UN CLONE, roman qui m'a permi d' apprécier une autre "facette", une autre "façon
d'écriture", de notre conteur et de son "talent"...qui ne perd rien avec ce roman "humain",
et qui nous donne à réfléchir,car nous aussi, ne sommes nous pas des "clones".????....
Pour moi, un grand "BORDAGE", qui publié un quinzaine d'année après son écriture, reste un roman qui est on ne plus d'actualité en ce 21 ème siècle plein de préjugés, et d'individualités "mal placées"...!!!
Merci Monsieur Bordage pour ce cadeau, et même si on me taxe de "partialité", étant un de vos "inconditionnel" , je "persiste et signe"...
Bravo et merci, également, à Marijo Pateau et à ses "étudiants",
ainsi qu' au "DIABLE", qui en nous offre ce ROMAN...!!!
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